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JOURNÉE DU 12 JUIN 2010

TEXTES GAGNANTS

TÉMOIGNAGES D'ENFANTS

AIPE

CONCOURS LITTÉRAIRE

CATÉGORIE ADULTE

Pour un avenir… tout court

Émilie C. Lévesque, de Sainte-Thérése.

Miriam, sept ans, se lève en geignant. « Je suis fatiguée, j'ai mal dormi ». Elle enfile sa robe de chambre et boude un peu en descendant l'escalier pour s’asseoir devant le déjeuner que sa mère lui a préparé. Des crêpes, des fraises, un verre de lait. Puis, elle se prépare pour aller à l’école. Plus tard, elle pourra devenir ce qu’elle veut.

Harry, onze ans, habite en Grande-Bretagne avec ses parents. Tous les matins, avant d’aller à l’école, il livre des bouteilles de lait aux habitants du village. Il est heureux de gagner ainsi son argent de poche. Bien sûr, il est plus fatigué et moins attentif en classe, mais ses parents sont ravis de le voir se responsabiliser.

Le jeune Néo-Zélandais Lachlan aide ses parents à l’exploitation de la ferme depuis toujours. Sa mère le bat et il doit manipuler de gros outils. Il envie secrètement sa sœur Mia, qui travaille dans une maison privée de la ville. Il l’imagine couler une vie plus douce que la sienne. Mais Mia n’a pas le temps d’aller à l’école ou de se reposer. Elle travaille dur, on lui tire les cheveux et il lui est de plus en plus difficile de repousser les avances du fils aîné de la famille.

Maxime, quatorze ans, boude devant le contenu de son lunch à la cafétéria de l’école. Une surveillante arrive et lui demande de manger ses légumes. « J’aime pas les carottes », lui répond-t-il. « Ma mère sait que je n’aime pas ça et elle m’en donne quand même ».

En Inde, Aishi, dont le prénom signifie don de Dieu, a été vendue par ses parents contre un peu d’argent pour subvenir à leurs besoins. Elle a sept ans. Pour manger ce midi, elle devra se contenter d’avaler la semence de quelques clients de la maison close.

Le Népalais Bibek travaille accroupi dans une fabrique de tapis depuis qu’il a cinq ans. Son corps est tordu et ses mains sont enflées et douloureuses. Un soir il s’échappe et mendie dans les rues de la ville. Un homme lui offre un souper. C’est comme ça qu’il commencera à se prostituer pour survivre. Il mourra avant d’entamer son adolescence.

La jeune Javéria, qui est née au Pakistan, est entrée en apprentissage dans un atelier de polissage de diamant. Ses parents espèrent qu’elle y apprendra un métier. Elle travaille quatorze heures par jour, penchée sur les pierres, dans une salle mal éclairée et sans ventilation.

Certains de ces enfants pourront choisir leur avenir. Les autres n’en auront peut-être pas un.

 

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