Aide internationale pour l'enfance
   

Mission de supervision en Thaïlande: témoignage

 

Par Hélène Vanier

Membre du conseil d'administration de l'AIPE

L'hiver est arrivé à Bangkok. Il fait 30 degrés sous un soleil radieux. Je viens de passer la journée au centre Santikham, en compagnie du Dr. Gothom Areeya, président de la FCD. C'est dans un français impeccable qu'il a répondu à mes innombrables questions sur le travail de son organisme et les nombreuses activités du centre, qui soutient et -depuis peu- héberge des enfants d'immigrants illegaux, donc sans papier, ni existence légale. Ces enfants vulnérables vivent trop souvent différentes formes d'abus et d'exploitation.

Dès la seconde où nous avons franchi le seuil du centre, une foule d'enfants de tous âges se sont mis a tournoyer autour de nous. Les rires et les cris de joie fusaient de partout. Quel accueil. Puis, on m'a présenté le directeur du centre, Chettha Mankhong, la responsable des activités et une bonne dizaine de bénévoles, qui s'occupent avec bienveillance de toute cette marmaille. Apres la visite des lieux, j'ai passé une bonne heure bricoler avec les enfants. Une foule d'activités créatives sont organisées chaque fin de semaine, permetant aux enfants de se détendre et de jouer dans une athmosphère festive. Les enfants peuvent aussi se dégourdir les jambes en jouant au badmington ou en se baignant dans une piscine de fortune... dont l'eau a vite fait de changer de couleur. De plus, un repas consistant ainsi qu'une collation leur sont servis.

Plus tard en avant-midi, quatre jeune filles ont presenté une pièce de théâtre, qui dénonçait les abus et la violence faits aux femmes. Le centre fait un travail d'éducation et d'information important auprès des enfants. Puis, nous avons eu droit à une danse traditionnelle, savamment chorégraphiée par une des bénévoles.

Tout dernièrement, le centre a procédé à d'importantes - et nécessaires- rénovations et à l'ajout de dortoirs, de douches et de salles de bain, qui permettent d'héberger les enfants en cas d'urgence. Depuis juillet, le centre a notamment hébergé et soigné une jeune adolescente qui s'est fracturé les deux jambes en sautant par une fenêtre. Elle fuyait la famille pour laquelle elle travaillait dans des conditions inhumaines. Durant près de trois mois, le centre lui a prodigué tous les soins nécessaires jusqu'à son rétablissement complet. Le centre a aussi pu lui trouver un nouvel emploi, avec de bonnes conditions, dans une boulangerie.

Les inondations et la situation d'urgence qui en a decoulé ont amené le centre a héberger une quinzaine d'enfants et d'adultes (tous immigrants illégaux), dont les maisons ont été détruites ou rendues inhabitables depuis le mois d'octobre.

Après une journée bien remplie, force est de constater que la mission du centre et le travail devoué de son personnel en font un lieu chaleureux, où les enfants qui vivent dans des conditions d'exploitation peuvent se ressourcer et vivre, l'espace d'un moment, leur vie d'enfant.