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La lutte contre l'exploitation des enfants est loin d'être terminée. C'est pourquoi l'Aide Internationale pour l'Enfance continue de se battre et de soliciter vos dons.Détails

Le travail des enfants

Travail des enfants à la ferme

Le secteur agricole

Dans de nombreux pays en voie de développement, l'agriculture emploie une forte proportion d'enfants. Selon un rapport du BIT, dans certains pays, près du tiers des ouvriers agricoles sont des enfants.

Les enfants travaillent autant dans les exploitations familiales, qui pratiquent l'agriculture de subsistance, que dans le secteur de l'agriculture commerciale, où les enfants sont employés dans de vastes exploitations appartenant à de puissants groupes agricoles alimentaires.

En Égypte, pour le compte d'une société européenne de cosmétiques, des enfants de 6 à 13 ans cueillent le jasmin 10 heures par jour, sans pause ni repas.

Le secteur industriel

On trouve de nombreux enfants dans toutes les industries dites extractives, comme dans les mines de charbon, d'étain, de cuivre, d'or et de diamants, mais aussi dans les carrières de sable, de gravier, d'ardoise et de sel. À l'heure actuelle, des dizaines de milliers d'enfants sont occupés à temps plein comme mineurs en Afrique, en Asie et en Amérique Latine.

Ces enfants travaillent à moitié nus, sans l'équipement nécessaire à leur protection. Ils travaillent 8 à 10 heures par jour, et remplissent des sacs plus lourds qu'eux. Ils s'enfoncent à plusieurs centaines de mètres sous terre, et manient la pelle et la pioche à la lueur, souvent, d'une simple bougie. Des centaines d'enfants perdent la vie chaque année du fait d'accidents de travail, d'éboulements ou de maladies.

Les seules mines indiennes de Meybuelayce emploient 28 000 enfants de moins de 15 ans. Les mines d'or péruviennes de Nadie Dios font travailler 500 mineurs de 11 à 17 ans. En Afrique du Sud, plusieurs centaines d'enfants sont employés dans les mines de diamants.

En Colombie, selon une enquête du BIT datant de 1993, 45 % des ouvriers des carrières ont entre 10 et 15 ans et 20 %, soit un sur 5, ont entre 5 et 9 ans.

L'extraction engendre également un travail de sous-traitance qui utilise grandement les enfants : la taille des pierres précieuses. Pour la seule taille des diamants, les ateliers de Joipur et Surot emploient 65 000 enfants qui taillent et polissent 65 % des diamants du monde entier. Ils travaillent souvent 100 heures par semaine, vivant et dormant sur leur lieu de travail.

L'industrie du tapis

À l'heure actuelle, l'industrie du tapis est le secteur d'activité qui fait le plus appel au travail des enfants. Pour justifier leur exploitation des enfants, les employeurs prétendent que seuls les doigts fins des enfants peuvent manipuler adroitement les brins de laine, les passer dans le métier, les couper, et les nouer rapidement.

Certains pays, comme le Maroc, la Turquie, l'Inde, le Népal, la Chine, le Pakistan, l'Afghanistan et l'Iran se signalent plus que d'autres par le nombre d'enfants employés dans cette industrie, et par les conditions extrêmes qui caractérisent le travail de ces enfants.

En Inde, au Pakistan ou au Népal, les enfants des usines de tapis travaillent parfois jusqu'à 20 heures par jour, 7 jours par semaine. Souvent, ils dorment, mangent et travaillent dans une seule petite chambre obscure. Ils travaillent dans des postures inconfortables, dans la poussière, et souffrent fréquemment de problèmes respiratoires et oculaires ou de déformations de la colonne vertébrale.

Les enfants domestiques

Les enfants domestiques

La domesticité des enfants est l'un des principaux modes d'exploitation des enfants. Dans la majorité des cas, il s'agit purement et simplement d'esclavage. Ce type de servitude est peut-être le plus universellement répandu et, pourtant, l'un des moins étudiés, compte tenu de l'isolement des enfants à l'intérieur des domiciles.

Le problème n'est pas confiné aux pays du Tiers-Monde. On retrouve des enfants domestiques en Europe, en Amérique du Nord, et dans les pays riches du Golfe Persique, qui recrutent leur domesticité au Bengladesh, au Pakistan, en Inde, aux Philippines et au Sri Lanka. La situation des petits domestiques est si préoccupante que la Commission des droits de l'homme des Nations Unies évoque régulièrement eur cas et propose la mise en place d'un comité d'experts qui s'occuperait exclusivement de cette forme d'exploitation.

Il est impossible de savoir exactement combien d'enfants travaillent comme domestiques dans le monde, car cette pratique est la plus clandestine qui soit. Dans les années 90, des études ont démontré l'existence de plus de 5 millions d'enfants domestiques en Indonésie. Au Brésil, 22 % des enfants qui travaillent sont employés comme domestiques. Au Vénézuela, c'est 60 % des filles entre 10 et 14 ans. Au Sri Lanka un ménage à revenu moyen sur 3 emploie un enfant de moins de 14 ans comme serviteur. En Afrique Noire, les fillettes sont employées par centaines de milliers. Elles sont vendues comme « bonnes » vers l'âge de 5 ou 6 ans à des « maîtres » qui ont tous les droits sur elles.

Les enfants domestiques sont recrutés aussi bien dans les bidonvilles que dans les campagnes reculées. Il s'agit d'enfants vendus par des parents miséreux à des recruteurs spécialisés travaillant eux-mêmes avec des « bureaux de placement » illégaux comme il en existe des milliers. Les parents leur livrent leurs enfants parce qu'ils croient qu'ils vivront mieux comme domestiques non rémunérés dans une famille prospère que dans leur propre famille.

Les métiers de la rue

La rue offre une partie visible non-négligeable de la force totale du travail délivré par les enfants. Si la proportion d'enfants des rues varie grandement selon les pays, les provinces ou même les villes, les petits métiers exercés sont partout les mêmes, sur tous les continents. Les enfants de la rue sont porteurs, livreurs, gardiens ou laveurs de voitures, cireurs de chaussures ou crieurs de journaux.

Selon les observations recueillies par l'Unicef et la BIT, les enfants de rue travaillent entre 6 et 14 heures par jour, 7 jours sur 7.

Le secteur mécanique

Les enfants sont omniprésents dans toutes les branches du secteur mécanique, malgré le haut niveau de difficulté et de danger de la plupart de ces métiers.

On voit dans toutes les villes des pays en voie de développement de petits garagistes, de petits serruriers, des enfants ouvriers métallurgistes et des casseurs de pierres. Ces enfants travaillent sous couvert d'un apprentissage qui peut durer des années, et assurent parfois les tâches les plus ingrates et les plus dures. Ils travaillent avec des moyens techniques rudimentaires et dans des conditions de sécurité totalement inexistantes.

Des millions d'enfants, partout dans le monde, participent, souvent très jeunes, à la construction d'immeubles, de barrages et de routes. Ces activités sont pourtant considérées par l'Unicef ou l'Organisation internationale du travail comme étant des activités parmi « les plus pénibles, les plus fatigantes et les plus dangereuses qui soient ». Les tâches courantes des enfants consistent à creuser la terre, porter le sable et le ciment ou encore tordre et couper les rondins d'acier nécessaires aux structures de béton armé.

Dans les seules carrières de briqueterie et les chantiers de construction indiens, on compte environ 3 millions d'enfants travailleurs. Quelques millions d'autres enfants travaillent dans le secteur mécanique dans le reste de l'Asie, mais aussi en Afrique de l'Est et en Amérique Latine.

Les verreries

Dans les verreries indiennes, le quart de la main-d'ouvre a moins de 14 ans. Selon une étude de Bureau International du Travail, ils s'activent dans des ateliers mal éclairés, mal aérés, où la température ambiante dépasse souvent 40 à45 degrés. Selon le BIT, lorsque survient un accident mortel, il arrive que l'on jette le corps de l'enfant dans le fourneau pour le faire disparaître.

L'industrie chimique

Cette branche d'activités emploie un nombre considérable d'enfants, surtout en Asie. Elle est l'une des plus dangereuses sur le plan physique et psychologique. Elle regroupe la fabrication des pesticides, des teintures, des produits à base d'encens, des explosifs, des munitions, des feux d'artifices et des allumettes.

D'après l'agence de presse United Press, le plus jeune ouvrier, dans le secteur de la fabrication des allumettes n'a que trois ans; les autres ont rarement plus de 10 ou 11 ans. Tous, après quelques années de travail, ont les poumons consumés, les os déformés et les muscles atrophiés.

Les fabriques de pétards sont plus dangereuses encore, car s'y ajoutent les fréquents risques d'explosion qui brûlent ou qui blessent mortellement. Dans cette industrie, on commence également à travailler très jeune, dès l'âge de 5 ou 6 ans, 9 à 10 heures par jour. Mêmes conditions d'esclavagisme dans l'industrie des cigarettes connues en Inde sous le nom de « beedis ». Dans ce secteur, comme dans celui des allumettes et du tapis, la majorité des petits ouvriers travaillent gratuitement, liés par la servitude pour dette.

La pêche

La pêche et les industries qui s'y rattachent emploient des enfants en grand nombre, dans des conditions souvent révoltantes.

Dans le secteur de la pêche hauturière, une technique répandue en Asie consiste à faire plonger des enfants en apnée, sans équipement, à des profondeurs qui vont jusqu'à 100 pieds, afin de pousser les bancs de poissons vers les filets. La majorité des plongeurs ont entre 12 et 17 ans, et certains à peine 10 ans. Chaque année, des dizaines de ces plongeurs sont blessés, tués ou attaqués par des poissons prédateurs. Beaucoup meurent noyés, ou victimes de rupture du tympan.

Les enfants soldats

Les enfants soldats

Dans les dix dernières années, on a pu voir des enfants, armes à la main, dans de nombreux pays du monde, que ce soit en Afrique, en Asie ou en Amérique Latine. Ces enfants ont généralement entre 10 et 16 ans, ou souvent moins, mais ils portent des armes d'adultes, ils luttent et ils affrontent la mort.

Bien que, selon le droit international, les enfants ne doivent pas être recrutés, et ne doivent pas prendre directement part aux hostilités, les enfants soldats sont enrôlés de force ou portés volontaires « malgré eux », aussi bien dans les unités gouvernementales que dans les mouvements de guérilla.

Les enrôlements forcés sont, bien sûr, supérieurs en nombre aux engagements volontaires. La méthode employée est identique sur tous les continents : rafles collectives ou kidnappings individuels. Les recruteurs s'emparent des enfants dans les campagnes en attaquant les villages, mais ils interviennent aussi dans les villes. Ils enlèvent les enfants dans les écoles, les orphelinats, les rues et même à l'intérieur des maisons.

Les méthodes utilisées par certains groupes rebelles pour rendre les enfants insensibles à la violence atteignent parfois des sommets de cruauté inimaginables. Ce fut entre autres le cas au Cambodge, au Sierra Leone, en Angola et au Mozambique. La tactique est simple : faire commettre aux enfants des crimes irréparables, de préférence sur leurs proches, afin de les persuader qu'ils ne pourront plus jamais réintégrer leur communauté et que la guérilla est leur seul soutien.

Un jeune Mozambiquien démobilisé a raconté comment il avait dû incendier la cave où étaient enfermés son père et sa mère et participer au dépeçage de leurs corps calcinés.

Pour obtenir les meilleurs combattants, les chefs de guérillas, partout dans le monde, n'hésitent pas à droguer les enfants soldats. Marijuana, cocaïne, champignons, tout est bon. Souvent, on ajoute de la poudre à canon dans leur nourriture pour les tenir éveillés et alertes.

Dans certaines régions en conflit, les enfants représentent jusqu'à la moitié des forces combattantes. Au Myanmar, on estime que sur 5000 soldats de l'armée Karen, presque 1000 avaient moins de 15 ans. Au Cambodge, un soldat sur 5 a été recruté alors qu'il avait moins de 14 ans.

Selon l'Unicef et plusieurs autres ONG, quelques 3000 enfants combattaient en 1993 au Sierra Leone. En 1995, des groupes rebelles ont enrôlé de force des enfants âgés de moins de 10 ans.

Un enquête effectuée en 1995 en Angola a révélé que 36 % des enfants du pays avaient accompagné des soldats et que 17 % d'entre eux avaient au moins une fois fait feu sur quelqu'un.

Les enfants et la prostitution

Il y a un peu plus d'une décennie, les pédophiles devaient se déplacer en Asie pour acheter des contacts sexuels avec des enfants. Aujourd'hui, la criminalité organisée a récupéré une partie de ce marché et rapproché l'offre de la demande. Ce qu'on allait autrefois chercher à Bangkok ou à Manille, on peut maintenant se le procurer non seulement dans toutes les capitales européennes, mais dans toutes les grandes villes du monde.

Le trafic d'enfants est très bien organisé de nos jours, et il a été prouvé qu'il existe plusieurs réseaux internationaux. Bien que l'ampleur du problème varie d'un pays à l'autre, le phénomène touche toutes les régions du monde et tend à s'amplifier.

Le recrutement des enfants destinés à la prostitution se fait selon les mêmes procédés que pour le recrutement de la main-d'ouvre enfantine, et on assiste souvent à des achats et des ventes d'enfants. Beaucoup d'enfants sont aussi tout simplement kidnappés.

Comme pour le travail précoce, la pauvreté est à l'origine de l'exploitation sexuelle des enfants. Un peu partout dans le monde, dans les pays en voie de développement, des rabatteurs parcourent les campagnes et les bidonvilles et persuadent les parents miséreux, en leur versant une avance, de leur confier leurs enfants pour un vrai « métier » en ville ou à l'étranger. Les fillettes se retrouvent dans des maisons closes ou dans des réseaux nationaux, puis internationaux de prostitution. Elles doivent rembourser l'avance consentie, alourdie d'un intérêt si important que la dette devient éternelle. Elles sont réduites à jamais à l'esclavage sexuel en raison de cette dette qui grandit de jour en jour.

La prostitution des enfants à travers le monde et leur utilisation à des fins pornographiques sont de plus en plus courantes, y compris, depuis quelques années, dans des régions jusqu'alors relativement épargnées. La misère n'explique pas tout. L'appât du gain, la cruauté, l'ignorance, la discrimination et bien d'autres facteurs malsains entretiennent et font prospérer l'esclavage sexuel des enfants.

Les enfants prostitués travaillent entre 10 et 14 heures par jour et doivent recevoir un minimum de dix clients. Souvent, la passe se fait dans des enclos constitués de cloisons, avec, en guise de toit, des barbelés pour que les enfants ne s'échappent pas. Filles et garçons vivent dans des conditions sordides : les récalcitrants sont battus, fouettés jusqu'au sang avec des bâtons ou des tuyaux de caoutchouc. Certains établissements se sont spécialisés dans les petites filles vierges. Ils possèdent des salons de défloraison.

Les prostitués mineurs doivent payer aux proxénètes un loyer pour la paillasse qui leur sert de lit et pour leur nourriture, plus de continuelles amendes pour « mauvaise conduite ». En fin de compte, il ne leur reste plus rien.

La plupart de ces enfants souffrent de troubles physiques et psychologiques graves. Leur espérance de vie n'atteint pas 15 ans. La plupart des petites filles deviennent stériles. Près de 85 % des enfants prostitués sont atteints de maladies transmises sexuellement et un sur quatre est séropositif ou sidéen.

En plus de souffrir de malnutrition, de troubles visuels, auditifs, olfactifs et tactiles, ces enfants n'ont aucune estime d'eux-mêmes. Ils perdent totalement confiance en eux et vivent continuellement dans la peur des représailles.

 
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