Le travail des enfants touche à tous les secteurs et toutes les activités économiques. Le travail des enfants revêt ainsi de nombreuses formes. Dans certains cas, il peut être constaté facilement alors que, dans d’autres cas, il est informel.

 

Voici une liste des différentes formes de travail des enfants les plus généralisées:

 

  • Le travail domestique : très commun et, dans certains cas, considéré comme acceptable, il est réalisé tant au foyer familial qu’à l’extérieur de celui-ci, chez un tiers ou un employeur. Lorsque le travail domestique est réalisé à l’extérieur du foyer familial, les filles sont les principales concernées.

    Ce type de travail constitue une des pires formes du travail des enfants. En effet, bien que cela n’ait pas l’air aussi dangereux que de travailler dans des usines à briques, ce genre de métier contient beaucoup de dangers. C’est parce que ces enfants peuvent travailler près de 20 heures par jour en accomplissant différentes tâches qui seront payées ou non comme nettoyer, prendre soin des enfants, cuisiner, etc. La plupart ne peut avoir accès à l’éducation ou à des soins. Ils sont parfois complètement isolés de leurs amis et familles et n’ont pas de temps libre. Finalement, ils sont exposés à de la maltraitance, des abus physiques et sexuels.

 

  • Les travaux agricoles : un grand nombre d’enfants qui travaillent se retrouvent dans l’agriculture, soit dans le cadre familial ou pour un employeur. En général, ces enfants produisent une énorme quantité de la nourriture que nous consommons. Le travail agricole présente de grands dangers, notamment lorsque les enfants doivent travailler avec des outils et des équipements dangereux ou des substances chimiques telles que les pesticides pour les cultures. La plupart du temps, les enfants soit ne disposent pas d’équipements de sécurité, soit utilisent des équipements d’adultes, qui ne sont pas adaptés et ne fournissent pas une protection adéquate. En plus de cela, travailler dans les champs est extrêmement difficile, c’est une activité physique qui n’est bien souvent pas compensée par une bonne alimentation mettant d’autant plus en danger ces enfants.

 

  • Le travail dans l’industrie : ce travail peut être régulier ou occasionnel, légal ou illégal, au sein de la famille ou pour un employeur. Il inclut le tissage de tapis, le polissage de pierres précieuses, la confection de vêtements, la fabrication de produits chimiques, de verre, de feux d’artifice, d’allumettes ou de toute une série d’autres produits. Ces tâches exposent les enfants à des produits chimiques dangereux pouvant entraîner un empoisonnement, des maladies respiratoires et de la peau, une chaleur radiante, des incendies et des explosions, des lésions oculaires et des pertes de l’audition.

 

  • Le travail dans les mines et les carrières: chaque jour, au lieu d’aller à l’école, beaucoup d’enfants passent leurs journées à réduire de grosses pierres en gravats utilisés ensuite pour la construction, alors que d’autres passent leurs journées sous terre dans des tunnels à peine plus larges que leur corps, transportant des charges plus lourdes que leur propre poids, pataugeant dans l’eau à tamiser le sable pour trouver des pierres précieuses…

    Loin des regards, isolés dans de petites exploitations, les enfants sont vulnérables, exposés à des dangers d’ordre social, psychologique et physique spécifiques à ce type de travail. En effet, les enfants travaillent pendant de longues heures, dépourvus de protection et de formation adéquates. Ils sont à risque de beaucoup de blessures, tandis qu’ils n’ont pas accès aux soins. Les enfants mineurs souffrent d’épuisement physique, de fatigue et de désordre des systèmes musculaire et osseux. De plus, les régions minières sont connues pour être un terrain propice à la violence, la prostitution, la consommation de drogue et surtout d’alcool, ainsi qu’aux délits de toutes sortes.

 

  • L’esclavage et le travail forcé : il est plus commun dans les régions rurales. Il est également fréquemment lié à l’oppression de minorités ethniques et de peuples indigènes. Les enfants sont également souvent impliqués dans des conflits armés, forcés à être soldats ou à travailler pour les forces armées.

    Les enfants engagés dans des conflits armés sont forcés de se battre ou de travailler comme cuisiniers, porteurs ou messagers. Le plus souvent, l’enrôlement est contraint et violent, notamment par le rapt. Ces enfants sont maltraités, exploités et souvent obligés de tuer ou blesser d’autres êtres humains. Ces enfants font partie d’une tactique de guerre : ce sont des soldats au rabais, pas chers à équiper, à nourrir et surtout, ils sont dociles, impressionnables et sensibles à l’autorité.

 

  • La traite des enfants et l’exploitation sexuelle : Plus d’un million d’enfants sont victimes de traite pour diverses raisons, dont le travail forcé, la prostitution et le recrutement en tant qu’enfants soldats et mendiants.

    L’exploitation sexuelle est une des pires formes de travail des enfants. Il faut comprendre qu’il y a tout un réseau de trafiquants derrière le phénomène de l’exploitation des enfants. En effet, ces derniers sont recrutés (bien souvent par manipulation) ou enlevés, transportés, hébergés pour être soumis à l’exploiteur sexuel, qui les forcera à travailler dans le domaine du sexe, par exemple dans des maisons closes où ils se prostitueront.

    Ainsi, les enfants sont soumis à des exploitants qui les obligent à entretenir des relations sexuelles en échange d’une rémunération. Bien souvent, les enfants ne gagnent pas cet argent qui est à destination de l’exploitant.

    Cette forme d’exploitation des enfants concerne principalement les filles et entraîne de graves conséquences à court et long terme. Les enfants courent de grands risques de maltraitance physique, de malnutrition et de maladies sexuellement transmissibles. Il leur est extrêmement difficile de sortir de cette situation et ils ont beaucoup de peine à gérer ce qu’ils ont subi physiquement et mentalement.

 

  • Le travail dans l’économie informelle: Le secteur informel concerne les activités qui s’effectuent en marge du marché du travail classique, hors de la réglementation publique. Elles échappent donc aux regards des gouvernements et des syndicats. Beaucoup de personnes et d’enfants ont aujourd’hui recours à ce type d’activités précaires pour assurer leur survie.

    Les Nations Unies estiment à 150 millions le nombre d’enfants définis comme enfants de la rue. Les causes peuvent être multiples : violence, drogue, alcoolisme, décès d’un parent, explosion familiale, conflit armé, catastrophe naturelle ou simple effondrement socio-économique. Mais le résultat est le même : ces jeunes se retrouvent forcés d’avoir recours au secteur informel, lavant des vitres, mendiant, vendant à la sauvette, cirant des chaussures, conduisant des pousse-pousse, ramassant des ordures…

 

 

Pour plus d’informations, retrouvez le rapport 2017 de l’Organisation internationale du Travail sur le travail des enfants.