Le jeudi 14 novembre, l’Aide internationale pour l’enfance (AIPE) a tenu un kiosque sur les liens entre la justice climatique et l’industrie de la mode dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale.

Plus récemment avait lieu le « Black Friday » ou Vendredi fou, une occasion de réfléchir aux impacts environnementaux et sociaux du consumérisme, et surtout de penser aux alternatives.

 

Depuis quelques décennies, au lendemain du Thanksgiving (ou l’Action de grâce aux États-Unis), a lieu ce fameux jour appelé « Black Friday » (ou Vendredi fou), qui lance la période des achats du temps des fêtes.

Or, cette période de surconsommation n’est pas sans conséquences. En effet, si d’ordinaire un.e citoyen.ne occidentale lambda consomme plus que les ressources de la planète en une année, le Vendredi fou représente bien l’apogée de ce mode de consommation déraisonné. À titre d’exemple, en 2018, le chiffre d’affaire des ventes réalisées lors du « Black Friday » aux États-Unis s’élève à 6.2 milliards de dollars US. De même, pour l’équivalent du « Black Friday » chinois, un nouveau record a été battu en 2019 : 1Milliard $ US a été dépensé en 68 SECONDES, dépassant ainsi en valeur les recettes du « Black Friday » américain.

Les conséquences de cette frénésie d’achats sont dramatiques non seulement pour l’environnement mais aussi pour les droits humains. En effet, les achats de cette journée se concentrent principalement autour de deux secteurs : la « fast-fashion » (mode jetable) et le « high-tech » (la haute technologie). Or, ces deux domaines ont notamment recours au travail des enfants, par exemple dans les mines de coltan pour les appareils électroniques et dans les cultures ou les usines pour la fast-fashion. De plus, ces industries sont également des grands pollueurs. L’industrie textile utilise 15% des pesticides mondiaux pour la culture du coton et 70 millions de barils de pétrole sont nécessaires chaque année pour la production de fibres synthétiques. Quant à eux, les appareils électroniques étant rarement recyclés, la dégradation des métaux les composant empoisonne alors les sols.

Comme l’affirme Greenpeace, face à cela, l’enjeu est de consommer MIEUX à travers des alternatives éthiques, mais surtout de consommer MOINS. En effet, nous produisons chaque année 80 milliards de vêtements, et 67 200 tonnes sont jetées en une année par les ménages québécois. La solution est donc de mieux et moins consommer.

C’est autour de ce thème que l’Aide internationale pour l’enfance (AIPE) a amené la communauté étudiante du pavillon de Longueuil de l’Université de Sherbrooke à réfléchir. Par la tenue d’un kiosque réalisé dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale, les étudiant-e-s pouvaient dialoguer avec les bénévoles présentes et découvrir les dessous de l’industrie de la mode. L’idée était de s’interroger sur le coût environnemental et social de nos vêtements, au-delà de la simple somme d’argent que nous dépensons pour l’acquérir. Car remettre en question les pratiques désastreuses de la fast-fashion nous pousse à chercher des alternatives viables et équitables, notamment à travers la mode éthique, ce qui a été mis de l’avant par ce kiosque.

De façon générale, adopter ou encourager une consommation éthique et responsable est d’autant plus important que les industries sont fortement influencées par les comportements des consommateurs, chacun.e ayant donc la possibilité d’exprimer et faire valoir son engagement à travers ses habitudes d’achats.
Consommer des produits issus du commerce équitable est déjà un engagement aux impacts non négligeables. Nous pouvons également faire valoir notre pouvoir d’action collectif en nous mobilisant à travers différentes campagnes menées par exemple par Extinction Rébellion pour un « Green Friday », ou en rejoignant la multitude de mouvements qui fleurissent pour demander une industrie textile plus juste et responsable comme Fashion RevolutionWeDressFair, etc. …

Bref, une alternative est possible.

 

– Anne Bénardeau, stagiaire et agente de projets éducatifs à l’Aide internationale pour l’enfance