L'EXPLOITATION DES ENFANTS

Le travail des enfants en chiffres
  • 168 millions d’enfants travaillent, dont la moitié dans des travaux qualifiés de dangereux.
  • Plus de 60% de ces enfants travaillent dans le domaine de l’agriculture.
  • 22 000 enfants meurent chaque année dans des accidents liés au travail.
  • Les enfants domestiques travaillent en moyenne 15 à 16 heures par jour.
  • 250 000 enfants sont des enfants soldats.
La Convention internationale relative aux droits de l'enfant (CIDE)

La Convention internationale des Droits de l’Enfant (CIDE), ou Convention relative aux Droits de l’Enfant, est un traité international adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 20 novembre 1989. La Convention  est le premier texte international juridiquement contraignant de protection des Droits de l’Enfant. La Convention contient 54 articles qui consacrent l’ensemble des droits civils et politiques des enfants, ainsi que tous leurs droits économiques, sociaux et culturels.

La Convention est universelle puisqu’elle concerne tous les enfants peu importe leur origine ou la situation dans laquelle ils se trouvent. Chaque État doit mettre en œuvre, selon ses propres moyens, les droits communs à tous les enfants. De plus, tous les droits sont indivisibles et inter reliés. Il est important que l’ensemble des droits soit respecté afin de s’assurer du plein épanouissement des enfants et adolescents.

Les droits de l’enfant

Les quatre principes fondamentaux de la Convention sont la non-discrimination; la priorité donnée à l’intérêt supérieur de l’enfant; le droit de vivre, de survivre et de se développer; et le respect des opinions de l’enfant.

Dans 54 articles et deux Protocoles facultatifs, la Convention énonce les droits fondamentaux qui sont ceux de tous les enfants du monde : le droit à la survie; le droit de se développer dans toute la mesure du possible; le droit d’être protégé contre les influences nocives, les mauvais traitements et l’exploitation; et de participer à part entière à la vie familiale, culturelle et sociale.

 

(Sources : UNICEF, Humanium)

 

Les différentes formes d'exploitation

Le travail des enfants revêt de nombreuses formes. Dans certains cas, il peut être constaté facilement alors que, dans d’autres cas, il est informel.

Le travail des enfants touche à tous les secteurs et toutes les activités économiques :

  • 58,6% des enfants concernés travaillent dans l’agriculture (l’agriculture, la chasse, la sylviculture…)
  • 25.4% travaillent dans les services (commerce du gros et des détails, restaurants, hôtels, transport, stockage et communications….),
  • 7.2% travaillent dans l’industrie (mines, carrières, manufacture, construction…)
  • 6.9% travaillent dans le milieu domestique.

 

Retrouvez le rapport 2015 de l’Organisation Internationale du travail sur le travail des enfants.

 

 

Voici une liste des différentes formes de travail des enfants les plus généralisées.

  • Le travail domestique : très commun et, dans certains cas, considéré comme acceptable, il est réalisé tant au foyer familial qu’à l’extérieur de celui-ci. Lorsque le travail domestique est réalisé à l’extérieur du foyer familial, les filles sont les principales concernées.
  • Les travaux agricoles : un grand nombre d’enfants qui travaillent se retrouvent dans l’agriculture. Ils travaillent généralement dans des exploitations agricoles à caractère familial ou pour un employeur.
  • Le travail dans l’industrie : ce travail peut être régulier ou occasionnel, légal ou illégal, au sein de la famille ou pour un employeur. Il inclut le tissage de tapis, le polissage de pierres précieuses, la confection de vêtements, la fabrication de produits chimiques, de verre, de feux d’artifice, d’allumettes ou de toute une série d’autres produits. Ces tâches exposent les enfants à des produits chimiques dangereux pouvant entraîner un empoisonnement, des maladies respiratoires et de la peau, une chaleur radiante, des incendies et des explosions, des lésions oculaires et des pertes de l’audition.
  • Le travail dans les mines et les carrières: la main-d’œuvre enfantine est utilisée dans les mines à petite échelle. Les enfants travaillent pendant de longues heures, dépourvus de protection et de formation adéquates. Les enfants mineurs souffrent d’épuisement physique, de fatigue et de désordre des systèmes musculaire et osseux.
  • L’esclavage et le travail forcé : il est plus commun dans les régions rurales. Il est également fréquemment lié à l’oppression de minorités ethniques et de peuples indigènes. Les enfants sont également souvent impliqués dans des conflits armés, forcés à être soldats ou à travailler pour les forces armées.
  • La prostitution et la traite des enfants: c’est une des pires formes de travail des enfants. Les dangers auxquels sont confrontés les enfants sont extrêmes, allant de la décadence morale aux maladies sexuellement transmissibles.
  • Le travail dans l’économie informelle: ce travail comprend tout un éventail d’activités, telles que le cirage de chaussures, la mendicité, la conduite de pousse-pousse, la vente de journaux, ou le ramassage d’ordures. Certaines formes semblent évidentes alors que d’autres sont occultes.

 

Convention (n° 182) sur les pires formes de travail des enfants

La Convention 182 a été élaborée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et a été adoptée à l’unanimité par les membres de l’organisation, le 17 juin 1999, à Genève. L’article 3 de la convention nº 182 de l’Organisation internationale du travail précise les pires formes que peuvent prendre le travail des enfants et les « travaux dangereux », à savoir :

« toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et la traite des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obligatoire » , ce qui s’applique également à « l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique ou de spectacles pornographiques ».

Les pires formes d’exploitation :

– l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, tels que les définissent les conventions internationales pertinentes;
– les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant.
– le travail qui met en danger le développement physique, mental ou bien-être moral de l’enfant, soit par sa nature ou par les conditions dans lesquelles il est effectué.

 

(Sources : Organisation internationale du travail)

Les objectifs du millénaire pour le développement

Les objectifs de développement durable s’appuient sur le succès des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et visent à aller plus loin pour mettre fin à toutes les formes de pauvreté. Le 1er janvier 2016, les 17 Objectifs de développement durable du Programme de développement durable à l’horizon 2030 – adopté par les dirigeants du monde en septembre 2015 lors d’un Sommet historique des Nations Unies – sont entrés en vigueur. Au cours des 15 prochaines années, grâce à ces nouveaux objectifs qui s’appliquent à tous, les pays mobiliseront les énergies pour mettre fin à toutes les formes de pauvreté, combattre les inégalités et s’attaquer aux changements climatiques, en veillant à ne laisser personne de côté.

Le travail des enfants est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté et dilapide le capital humain d’un pays. Il fait souvent obstacle à l’éducation des enfants, notamment des filles.

 

 

Les objectifs du développement durable pour lutter contre l’exploitation des enfants :

Très concrètement, l’éradication de la pauvreté (objectif 1) nécessite d’investir dans le développement rural et de renforcer les revenus des petits agriculteurs familiaux,  producteurs forestiers, des pêcheurs et des femmes –  pour parvenir à une croissance inclusive et équitable et lutter contre l’insécurité alimentaire.

Dans le domaine de l’éducation (objectif 4), il s’agit d’assurer l’accès à tous à un éducation de qualité, sur un pied d’égalité et promouvoir l’accès à l’apprentissage.

Un travail décent pour tous (objectif 8) doit permettre de défendre les droits des travailleurs, promouvoir la sécurité sur le lieu de travail et de lutter contre le travail des enfants..

Afin de lutter contre les inégalités (objectif 10), il vise à augmenter durablement les revenus des personnes les plus pauvres à travers le monde, à développer leur autonomisation et à favoriser leur intégration sociale, économique et politique d’ici 2030.

 

Consultez le Rapport 2015 des Nations Unies sur les Objectifs du millénaire pour le développement.

Lutter contre le travail des enfants

Soutenir les Organisations non-gouvernementales comme l’AIPE

La plupart des pays disposent de cadres législatifs pour lutter contre le travail des enfants. Cependant, certains gouvernements sont prêts à tolérer le travail des enfants à des fins économiques pour bénéficier d’un avantage concurrentiel.

Il faut savoir que retirer complètement les enfants du marché du travail n’est pas la meilleure des solutions car ces enfants pourraient en effet se retrouver dans des situations plus précaires encore et leurs familles être touchées par une plus grande pauvreté. Le schéma ci-dessous met en lumière les mécanismes permettant de sortir les enfants de l’exploitation.

Les Organisations non-gouvernementales qui luttent contre le travail des enfants misent sur la protection des enfants et sur l’importance d’informer les enfants au sujet de leurs droits. L’objectif est également de promouvoir et de défendre de meilleures conditions de santé et de sécurité au travail. Il s’agit aussi d’aider les enfants à faire la transition entre le travail et l’école, en créant des foyers pour les accueillir. Ils y sont pris en charge jusqu’au moment où ils peuvent devenir autonomes, et bénéficient des soins de santé et une scolarité souple et adaptée à leurs besoins. Ce sont les missions principales remplies par l’Aide internationale pour l’enfance pour lutter contre le travail des enfants dans une perspective à long terme.

 

(Source : figure 8, Rapport 2015 Organisation internationale du travail)

 

Encourager le commerce équitable

Les accords commerciaux se multiplient à travers le monde, et ceux-ci devraient tous comporter des normes fondamentales pour garantir les droits syndicaux de base et le respect des droits de la personne, y compris l’interdiction du travail des enfants., l’implantation de normes de commerce équitable aiderait notamment à mettre un frein au commerce du travail des enfants.

Les nouvelles campagnes d’étiquetage, telles que celles de Rugmark ou l’étiquette de commerce équitable, garantissent aux consommateurs et consommatrices que les produits ne sont pas fabriqués par les enfants, et que les pratiques commerciales sont justes. L’étiquette rappelle aussi aux entreprises que les enfants consommateurs se renseignent sur les pratiques commerciales.

En 2015, ce sont plus de 2 millions de producteurs et travailleurs en Afrique, Asie et Amérique Latine qui bénéficient du commerce équitable, rassemblés au sein d’environ 1 400 organisations professionnelles (coopératives, associations…) dans 75 pays. Avec leurs familles, ce sont environ 10 millions de personnes qui bénéficient (directement ou indirectement) du commerce équitable à travers le monde.