PROJETS EN INDE

Contexte

D’après l’Organisation internationale du travail, il y aurait 12.9 millions d’enfants travailleurs âgés entre 7 et 17 ans en Inde, ce qui fait d’elle le pays avec la plus grande population d’enfants travailleurs au monde. Beaucoup de ces enfants doivent travailler parce qu’ils n’ont pas accès à l’éducation ou qu’ils doivent face à la pauvreté qu’ils vivent seuls ou avec leur famille.

Notamment, plus de 11 millions d’enfants indiens vivent dans les rues. Beaucoup sont issus de familles disloquées par la pauvreté qui cherchent des moyens de subsistance en mendiant ou en volant aux étalages. Le secteur informel emploie de nombreux enfants assignés à différentes tâches (cireurs de chaussures, laveurs de taxis, vendeurs d’objets perdus…). Ces enfants sont en manque de repères mais aussi de soutien psychologique et d’affection, et ils sont la proie de nombreux exploiteurs qui profitent de leur vulnérabilité. Les filles restent les plus vulnérables et sont fréquemment victimes d’abus sexuels, de viol ou enrôlées dans des réseaux de prostitution.

Découvrez ci-dessous les projets menés par l’Aide Internationale pour l’enfance et ses trois partenaires en Inde.

Pour voir ces projets en images, cliquez ici.

Resource Education Society (RES)

 

Notre partenaire : Resource Education Society (RES)

 

La Resource Education Society  est un partenaire de l’AIPE en Inde qui assure la continuité du projet de la Maison Arc-en-ciel dédiée à la scolarisation des enfants et au développement du microcrédit.

RES est un organisme à but non lucratif, créé en 1993. Son travail se base sur une conviction forte : l’éducation est la ressource de base pour le développement durable de la société. Les premiers projets lancés par la RES concernaient les cours du soir et progressivement la structure a élargi son périmètre d’intervention.…


 

Accompagnement des enfants libérés de la servitude pour dette

Localisation : Vizianagaram, Andhra Pradesh, Inde

C’est en 2003 que l’AIPE a fondé la maison Arc-en-ciel, en Inde. Ce centre visait à permettre l’accueil d’enfants libérés de la servitude pour dettes tout en leur offrant une éducation, une formation professionnelle ainsi que des soins de santé. L’objectif du projet est de permettre la réinsertion des enfants exploités par le travail et de leur offrir un soutien et une écoute essentielle à leurs âges.

Une attention particulière est portée aux filles et femmes afin de renforcer leurs compétences et leur pouvoir décisionnel. Cela concerne autant la capacité de dire « non » au mariage précoce, que celle de continuer les études dans le but d’occuper un jour un poste avec des responsabilités.

L’autre volet du projet est de donner accès à l’éducation et à la connaissance en accompagnant les jeunes du primaire à l’université selon les désirs de chacun-e, et en orientant les jeunes dans leurs choix professionnels.


 

Programme de microcrédit pour les femmes démunies

Localisation : Vizianagaram, Andhra Pradesh, Inde

Depuis 2007, l’AIPE et la Resource Education Society ont lancé un programme de microcrédit dans la communauté de Vizianagaram. C’est une manière efficace de donner aux femmes démunies une source de revenu qui leur permet d’éliminer leurs dettes et de développer une indépendance financière.

 

Qu’est-ce que le microcrédit ?

Le microcrédit a fait son apparition dans les années 1970 au Bangladesh avec la création de la Grameen Bank par le professeur Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix en 2006. Il souhaitait avant tout permettre aux femmes les plus démunies de développer de petites activités économiques.

Il s’agit d’un crédit de faible montant, avec plus ou moins d’intérêts et qui peut être accordé à des personnes qui n’ont pas accès aux services financiers traditionnels. Ce faible emprunt permet ainsi aux populations exclues du système bancaire classique de créer ou de développer une activité génératrice de revenus.

 

Quels sont les objectifs du projet ?

Dans les villages de pêcheurs, les hommes qui pratiquent la pêche, un métier très dangereux, sont souvent blessés, handicapés ou décédés. Pour subvenir aux besoins de leur famille, les femmes sont ainsi souvent obligées de contracter des dettes et, incapables
de les rembourser, elles ont alors besoin du revenu supplémentaire apporté par le travail de leurs enfants pour s’en sortir.

Le programme de microcrédit de l’AIPE contribue à assurer une augmentation et une stabilité du revenu des femmes qui sont encore parfois marginalisées dans la société indienne. Pour ce faire, une petite somme d’argent (sans intérêts) est prêtée aux femmes, ce qui leur permet de créer ou d’entretenir des petites entreprises génératrices de revenus sans devoir s’endetter. Cependant, ce prêt est soumis à une condition : qu’elles inscrivent leurs enfants à l’école. Cette petite somme contribue bien souvent à changer radicalement leur qualité de vie.

En garantissant l’accès à l’éducation pour leurs enfants et des opportunités financières aux familles par le biais du microcrédit, l’AIPE permet de briser ce cycle d’endettement et d’éviter qu’il perdure de générations en générations. Le programme de microcrédit et les actions de soutien à l’éducation ont un énorme succès.

 

Grâce à ce projet, on compte à présent plus de 200 petites entreprises issues de notre programme de microcrédit dans cette région. Les femmes remboursent en moyenne leur prêt en un an et demi, puis demandent un nouveau prêt pour développer encore plus leur microentreprise florissante.  Elles sont de très bonnes femmes d’affaires, et prennent des initiatives pour accroître les revenus de leur commerce. 


 

École Anganwadi

Localisation : Bidonville de Thammayyapalam, Andhra Pradesh, Inde

Depuis 2019, l’AIPE et la Resource Education Society ont ouvert une école Anganwadi, c’est-à-dire un centre de formation préscolaire visant à scolariser les jeunes enfants âgés de trois à cinq ans.

En effet nous avons pu observer au cours de notre travail en Inde que malgré leur jeune âge, les petites filles ont souvent les mêmes responsabilités que leurs mères. S’occuper du ménage, de la cuisine, du lavage et de la garde de la fratrie leur prend beaucoup de temps et d’énergie. Certaines d’entre elles vont à l’école, mais sont tellement épuisées qu’elles manquent de concentration et s’endorment parfois pendant les cours. En ouvrant l’école Anganwadi, nous permettons à ces grandes sœurs de poursuivre leur formation à l’école publique régulière pendant que la fratrie est prise en charge par l’enseignante à l’école Anganwadi. Les fillettes peuvent alors être libérées de leurs responsabilités familiales et se concentrer sur leur éducation.

Les familles de Thammayyapalem ont maintenant un lieu éducatif sécuritaire qui accueille les enfants de trois à cinq ans au quotidien, qui offre à ceux-ci un repas et des collations, et où ces enfants apprennent les notions de base de l’anglais et du télugu, des mathématiques et d’éducation civique. Cela rassure les parents que l’AIPE ait ouvert une école pour les tout-petits. Ils peuvent se consacrer à leur travail en toute sérénité car ils savent que leurs enfants ne déambulent pas dans les rues sans surveillance et les frères et sœurs plus âgé-e-s sont libéré-e-s de la responsabilité de garder les petits pour aller à l’école.

 

De jeune libérée de l’exploitation à enseignante: Korlamma Meda

L’école Anganwadi est dirigée par Korlamma Meda. Son mari Amorru et elle sont deux jeunes qui faisaient partie de la première cohorte du projet de libération et d’éducation des jeunes libérés de la servitude pour dettes par l’AIPE et RES. Ils se sont connus grâce à leur participation à ce projet à compter de 2005. Ensuite, ils se sont mariés et ont maintenant deux enfants.

Comme ils sont éduqués, ils accordent une grande importance à l’éducation. Très tôt, ils ont scolarisé leurs enfants et n’hésitent pas à témoigner des avantages que leur scolarisation leur a apportés. Korlamma est l’enseignante des enfants de l’école Angawadi. Elle est heureuse de pourvoir gagner sa vie grâce à son nouvel emploi. 

 

Rescue Foundation

 

Notre partenaire : Rescue Foundation

 

Fondée en 2000, la Rescue Foundation libère chaque année environ 300 jeunes filles de l’exploitation sexuelle avant de les accueillir dans des centres sécuritaires.

L’organisme poursuit les exploiteurs, fournit une assistance juridique aux victimes et offre des soins de santé et psychosociaux. Des services de réintégration, de soutien socioéconomique et de rapatriement sont aussi offerts aux jeunes filles libérées de l’exploitation sexuelle commerciale.

 


 

Formation de jeunes filles libérées de l’exploitation sexuelle

Localisation : Boisar, Maharashtra, Inde

L’AIPE a noué un partenariat avec la Rescue Foundation en juillet 2010 pour assurer la formation scolaire et professionnelle de jeunes filles libérées de l’exploitation sexuelle dans la ville de Bombay et dans la région.  

 

Quels sont les objectifs du projet ?

  • construire et maintenir en activité un centre de formation professionnelle destiné aux jeunes filles,
  • offrir un accès à l’éducation, à l’acquisition de compétences professionnelles,
  • accompagner dans la recherche d’un travail qui réponde à leurs aspirations et leurs besoins,
  • permettre aux jeunes filles de se reconstruire mentalement et physiquement,
  • permettre aux jeunes filles qui le désirent d’être rapatriées dans leur pays d’origine le cas échéant et les préparer à témoigner contre leurs anciens ravisseurs si elles le souhaitent.
Kidpower India

 

Notre partenaire: Kidpower India

 

Kidpower India est un organisme à but non-lucratif mis en place en 2007 qui vise à créer un monde plus sûr pour les enfants en protégeant leurs droits et en leur donnant les compétences sociales et académiques nécessaires pour acquérir une meilleure confiance en eux
et se bâtir une meilleure qualité de vie.

Retrouvez ici un article écrit par le directeur de Kidpower India à l’occasion des Journées québécoises de la solidarité internationale 2018 sur l’éducation et le travail des enfants.


 

L’école Espoir et l’école Louise Grenier

Localisation : Visakhaptnam, Andhra Pradesh, Inde.

Dans les bidonvilles de l’Andhra Pradesh, un million d’enfants vivent encore dans des conditions d’extrême précarité. Les familles y vivent le plus souvent de la récupération et la revente de matériaux recyclables. Quant aux enfants, le peu de revenus, la taille importante des familles, la distance ou le manque des infrastructures scolaires, et le manque de temps des parents font en sorte qu’ils n’ont pas accès à l’éducation et passent donc la plupart de leur journée seuls et sans supervision.

Dans le cadre du partenariat avec l’AIPE, Kidpower India a ouvert en 2013 l’école Espoir dans le bidonville de la Colonie de Chittibabu.

Dans ce bidonville, le gouvernement a procuré à certaines familles des hébergements, mais toutes n’y ont pas eu accès et continuent à vivre dans des logements de fortune faits de planches et de bâches de plastique. La situation sanitaire y est très mauvaise car la zone est constamment sujette aux inondations et aux maladies, avec un accès minimal à l’eau courante. Ce sont plus de 350 familles qui vivent dans le bidonville dans une situation d’extrême précarité.

Dans l’école Louise Grenier, ouverte en 2014 et située aujourd’hui dans le bidonville de Madhavadhara, les cours commencent à 9 h 30 et se terminent à 12 h 30. Les enfants apprennent principalement les mathématiques, la biologie, le télugu (la langue locale) mais aussi des notions d’anglais. Les méthodes d’enseignement traditionnelles sont aussi accompagnées d’approches plus ludiques, afin de toujours garder l’attention des jeunes qui n’ont pas l’habitude d’aller à l’école. Les fournitures et les lunchs sont fournis par l’école, et utilisés comme un moyen incitatif pour attirer les jeunes dans l’établissement.

L’objectif des projets éducatifs est de permettre aux enfants de bénéficier d’un accès à une éducation de base et d’un lieu sécuritaire et dynamique pour s’épanouir. Il s’agit aussi de favoriser l’accès a l’éducation pour les petites filles qui sont souvent moins susceptibles de fréquenter les établissements scolaires.

Retrouvez ici le descriptif de ces projets par notre partenaire Kidpower India. 


 

Formation professionnelle pour les jeunes femmes et mères 

Localisation : Visakhapatnam, Andhra Pradesh, Inde. 

Depuis 2019, en après-midi, l’école Louise-Grenier se transforme en centre de formation professionnelle en couture offerte aux femmes du bidonville de Madhavadhara à Visakhapatnam. Ce programme permet à ces femmes de développer leurs habiletés et d’apprendre un métier.

Avant le démarrage de ce projet, en plus de s’occuper de la maison et des enfants, ces femmes passaient plusieurs heures par jour à ramasser des déchets et des matériaux qu’elles pouvaient revendre, par exemple du métal, pour gagner quelques sous par jour. Ce métier, appelé en Inde ragpickers, est très difficile physiquement, peu payant, et surtout en voie de disparition. En effet, le gouvernement indien a récemment mis en place un programme appelé ‘’Villes Intelligentes’’, qui vise à mieux développer les villes et rendre les milieux urbains plus propres. Visakhapatnam participe à ce programme et offre désormais un environnement beaucoup plus propre à ses habitants. Le métier de ramasseur-se de déchets est donc en train de devenir obsolète et les femmes du bidonville ne pourront bientôt plus gagner leur vie ainsi.  En participant au programme de couture, ces mères acquièrent les aptitudes nécessaires pour trouver un emploi stable et s’épanouir. De plus, en accédant à l’école, elles sont moins isolées et peuvent se recréer un nouveau cercle social.