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Le centre Santikham à la rencontre de la société civileDécembre 2010
Plaidoyer, actions médiatiques, collaboration avec des universités thaïlandaises
En juillet 2010, l’équipe de la FCD a à nouveau mené des enquêtes auprès des enfants travailleurs de 6 à 15 ans, conjointement avec dix étudiants de l'Université thaïlandaise Thammasat. Ces enquêtes visent à déterminer l’ampleur et la nature du problème de l’exploitation des enfants par le travail, répertorier les secteurs et les activités ciblées, identifier les facteurs sous-jacents au travail des enfants, révéler ses conséquences et susciter une prise de conscience publique liée à ces questions. Les intervenants de la FCD ont aussi accueilli dix étudiants bénévoles de l’Institut Mater Dei dans le cadre d’un stage d’intervention auprès des jeunes travailleurs. Finalement, 50 personnes de la communauté ont prêté main forte (par un don de matériel, d’argent ou de temps) aux travaux d'embellissement et de rénovation du centre, pour fournir aux enfants des espaces de jeux sécuritaires, attrayants et colorés. En septembre, la FCD ainsi qu’un jeune leader fréquentant le centre ont participé au Thai Youth Forum 2010, un forum réunissant 30 jeunes de 14 à 24 ans provenant de partout à travers la Thaïlande. Ils se sont réunis pour discuter des questions liées à la migration et au trafic humain en préparation du Mekong Youth Forum, qui a eu lieu en octobre dernier. Co-organisé par l’Organisation internationale du travail (OIT), Vision Mondiale, le Projet inter-agences des Nations Unies sur le trafic de personnes (UNIAP) et le ministère thaïlandais du développement social, le Mekong Youth Forum a été tenu pour écouter les points de vue des jeunes sur les questions de la migration et de la traite humaine. Des échanges ont eu lieu avec les décideurs politiques. Les discussions se sont déroulées autour des jeunes et de leurs rêves, des difficultés qu’ils rencontrent au quotidien et des solutions qu’ils entrevoient dans la lutte contre le trafic humain.
Rappel des origines du projet Rappelons qu’en 2009, en partenariat avec la FCD (ONG thaïlandaise fondée en 1982), et grâce au soutien exceptionnel de la Fondation Mathieu-Lafond au Québec, l’AIPE a ouvert le centre communautaire Santikham dans le district de Muang de la province de Samutprakam. Le centre a pour mission de favoriser la réinsertion sociale des enfants exploités par le travail, principalement des enfants sans papiers. Le projet couvre un large spectre allant de l’éducation formelle et professionnelle, à des services de santé et d’accompagnement et des actions visant à soustraire ces enfants à l’exploitation et à la rue. Les jeunes immigrants clandestins sont vite repérés par les travailleurs sociaux et éducateurs de la FCD qui sillonnent les communautés de Praemruethai et de Saphanpra, allant à la rencontre des jeunes travailleurs et des jeunes en dérive, à la rue. Au cours de ces tournées, le contact s’établit tant avec les enfants qu’avec la communauté. Certains jeunes ne peuvent pas beaucoup compter sur leur famille, quand ils en ont sur place. Il ne leur reste plus alors qu’à se débrouiller par leurs propres moyens. D’autres vivent avec leurs parents, mais ces derniers n’ont pas la capacité de payer les frais de scolarité et autres coûts liés à la scolarisation. C’est l'une des raisons pour lesquelles les enfants passent beaucoup de temps dans les rues. Ils vont dans la rue pour chercher du travail ou s'amuser. Ils peuvent facilement être exploités par des adultes qui les paient très peu, souvent pour des tâches très dures. De plus, ils font parfois de mauvaises rencontres, commencent à boire de l'alcool, à se droguer ou à commettre des délits, mendier, se prostituer. Le contact entre les jeunes et les intervenants de la FCD se consolide au fil des visites dans la communauté ainsi qu’au Centre Santikham, lorsque les enfants participent aux activités organisées sur place. À ce jour, le centre dessert plus de 300 jeunes, garçons et filles ainsi que de très nombreux parents. Les intervenants conduisent des discussions éducatives, animent des séances de jeux et identifient des leaders et les forment pour être des pairs éducateurs (leaders positifs). L’observation et l’écoute leur permet de mieux appréhender le vécu quotidien de ces enfants, les raisons de leur présence au travail ou dans la rue, leurs espoirs et projets de vie. Toute une communauté impliquée Le Centre Santikham vise avant tout à donner une place à ces enfants et à leurs proches, un lieu sécuritaire où ils peuvent se détendre, jouer, se reposer, lire, socialiser avec d’autres enfants dans la même situation et se confier à des adultes s’ils en ressentent le besoin. Il vise à soutenir les jeunes dans la construction d’un meilleur futur, par l’éducation ou une formation professionnelle. Les intervenants cherchent aussi à impliquer les communautés et les familles dans le développement d’activités pour les enfants comme la musique, le théâtre, la thérapie par l’art et des activités éducatives. Ainsi, les intervenants sont en lien avec les autres adultes qui entrent en contact avec les enfants de la rue, que ce soit des parents, bénévoles ou employés d’autres organisations s’occupant des enfants vulnérables. Ils orientent les enfants vers des structures de protection (par exemple, les autorités locales, les centres hébergement, les organismes de lutte contre le trafic sexuel) et collaborent aux processus d’enquêtes en colligeant de l’information. Les nombreux accidents de travail, tout comme les conditions de santé précaires (absence de vaccination ou de suivi médical, faibles conditions d'hygiène, etc.) les amènent à administrer des soins médicaux de base et à acheter des médicaments aux enfants lorsque ces derniers ou leurs proches sont dans l’incapacité de le faire.
Pour voir ce projet en images, cliquez ici Consultez les nouvelles antérieures du projet en Thaïlande: Juillet 2010 , Janvier 2010 , Mars 2009. |