Aide internationale pour l'enfance
   

Retrouvailles

Chronique de Christine Durocher en Inde (mars 2010)

J’ai retrouvé hier les enfants de l’AIPE, dans une des deux nouvelles écoles où ils sont intégrés depuis l’automne.  Je pensais avoir de la peine à les revoir hors de l’univers douillet de la Maison Arc-en-ciel, mais de les voir si joyeux, si bien intégrés à l’école, j’ai perdu toutes mes craintes.  Et si les arrivées à la Maison-Arc-en-ciel étaient émouvantes, avec ces soixante visages d’enfants heureux de me revoir, que dire du bonheur d’entendre les cris de joie de Devi qui  bouscule une file anonyme d’élèves de la Gayatri School pour se précipiter vers moi!  Devi que j’ai connue au tout début de l’adolescence et qui est maintenant une jeune femme pleine d’ambition qui veut devenir médecin. 

Christine en compagnie des jeunes soutenus par l'AIPE

C’est mon cinquième voyage en Inde en autant d’années, et j’ai mesuré hier en voyant les sourires épanouis des enfants à quel point je me suis profondément attachée à ces enfants que j’ai vu grandir et que je retrouve d’années en années plus confiants en eux-mêmes, plus solides dans leurs ambitions et leurs désirs.

J’étais nerveuse hier en me préparant à ma visite à l’école comme si je me rendais à un rendez-vous amoureux.  Et c’est bien d’amour qu’il s’agit entre ces enfants et nous.

Dan Laxmi m’a beaucoup émue ce matin en me disant : « Four years back you came for the first time ».  Elle aussi ancrait dans le temps la solidité de notre relation. J’ai rappelé ce matin aux enfants qu’ils pouvaient être confiants dans leurs rêves d’avenir, car l’AIPE les accompagnerait jusqu’au bout de leur études et que leur capacité à réaliser leurs ambitions ne dépendait que de leur motivation à étudier. 

Je leur ai donné cette assurance et puis je me suis rappelée, en leur posant des questions sur leur amie Satyavathi, qui a abandonné ses études pour se marier à l’âge de 16 ans, que je mentais probablement.  Car la pression de la société reste forte, et malgré tous nos efforts nous ne pouvons empêcher tous les mariages précoces, surtout, comme dans le cas de Satyavathi, quand la jeune fille est promise à un membre de sa famille, souvent un oncle ou un cousin.